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L'HISTOIRE DE LA PASSION À MÉNILMONTANT

Passion historique

Procès et mort de Jésus : la pièce commence par le récit de la résurrection du Christ, à partir duquel on remonte le temps. Elle est revécue à travers l’émotion d’un texte sans âge qui continue à interpeller notre époque. Un témoignage vivant et actuel sur un drame vieux de plus de 2 000 ans.


Passion vivante

Depuis 1932, des artistes, des étudiants, des ouvriers, des commerçants incarnent les rôles de Jésus, de Jean, des Apôtres, des Grands Prêtres…
Fidèles à la tradition des célèbres Mystères du Moyen-Âge qui se jouaient sur le parvis des cathédrales, ils cherchent à traduire les questions que leur pose le Texte Sacré, à travers une grande fresque généreuse adaptée des quatre Évangiles.


Passion populaire

Depuis 1932, la Passion à Ménilmontant rassemble chaque année, en mars-avril, un public fidèle et nombreux. Une exception, un défi au temps et aux lois de l'art dramatique.  Un spectacle à part, pièce de référence, la Passion du Christ, qui raconte l'histoire la plus universelle a élu domicile à Ménilmontant, quartier bien particulier de Paris.
Six mois de travail pour les habitants du Ménilmuche de Piaf et Chevalier. Du grand-père au petit-fils, du croyant à l’incroyant, tout un vieux quartier de Paris se mobilise chaque année pour faire revivre une forme théâtrale d’expression populaire et perpétuer une histoire de famille et de génération. Plus qu’une troupe, il s’agit d’une véritable communauté, un témoignage fervent, enthousiaste, dépouillé, d’une belle sobriété.




TRADITION ET MODERNITÉ - par Fabrice Drouelle, journaliste

Dans les années trente, en ces temps qui aujourd'hui nous paraissent immémoriaux, le spectacle durait sept heures, dans le pur esprit sulpicien. Puis une nouvelle génération de comédiens, souvent des descendants des premiers, modernisèrent la  Passion. La parole du maître nommé Jésus fut mise en scène selon les préceptes de leurs bons maîtres Dullin puis Jouvet. Dans les années soixante-dix, on vit un Jésus et des apôtres en jean et pull-over. Rotation des acteurs, évolution de la mise en scène en prise directe avec son temps, retouches sur le texte au fil des ans, rite immuable mais jamais figé dans sa forme, ainsi va la Passion, tradition quasi-séculaire pour un drame sacré qui se joue depuis 1932. Un bail !


SPECTACLE

Aujourd'hui, dans un théâtre de trois cent cinquante places, avec une régie technique performante et une scénographie astucieuse, le spectacle retrace pendant deux heures l'histoire de la Passion du Christ, ses moments forts, l'essentiel de l'essentiel, d'après les quatre Évangiles. Tel est le texte, pédagogique, humain, historique, parfois poignant, toujours haletant. Il s'agit d'une authentique représentation théâtrale.

La dramaturgie et le scénario participent du succès de cette pièce. L'histoire de Jésus, et en particulier de son procès, tout le monde en connaît la fin et le devenir. Mais tout aurait pu basculer, à chaque minute. La Passion s'attache à mettre en scène les éléments de cette histoire jalonnée de nombreux rebondissements. Trahison, repentir, promesses et reniements, procès, crucifixion, autant de tableaux vivants, de dialogues saisissants. En un mot comme en cent, du rythme, servi par une mise en scène forte et engagée...


CASTING

Carrefour de toutes les passions, la Passion à Ménilmontant réunit sur scène des passionnés de théâtre, amoureux des planches, rompus aux techniques de l'art scénique. Avec eux cohabitent harmonieusement des habitants du quartier qui ont trouvé en jouant une façon originale de vivre leur carême. Ils ne se produisent pas souvent au théâtre, mais la foi qui les anime donne à leur ton une justesse étonnante. Ils ne jouent pas, ils sont ! Le maître mot de la Passion n'est-il pas "sincérité" ?
Alors que dire de ceux qui ont apporté leur concours avec générosité qui n'a d'égal que leur talent et leur notoriété ? René Aubry qui signe la musique du spectacle, les regrettés Michel Etcheverry, de la Comédie Française, et Laurent Terzieff qui ont prêté leur voix pour le prologue et l'épilogue, auquel succède maintenant un autre grand comédien : Michael Lonsdale. Qu'ils soient chaleureusement remerciés.


MÉMOIRE

Procès bâclé, déni de justice, amour, haine, manœuvres politiques, hystérie collective dans le bonheur et le désespoir, à bien des égards, la Passion raconte une histoire cruellement contemporaine. Hier comme aujourd'hui, elle a été et reste un lien spirituel, historique, social aussi. Après chaque représentation, les spectateurs peuvent remplir un questionnaire, "le journal du public". Et parmi eux, certains se retrouvent sur le plateau l'année suivante. La non-séparation entre la scène et le public, la fin du "théâtre pour initiés" est généralement un vœu pieux. A Ménilmontant, c'est une réalité. Ainsi se déroule depuis bientôt quatre-vingts ans le fil d'Ariane de la Passion.